Géographique

La Libération

Les tirailleurs au moment de la Libération et dans la Résistance en 1944

Le maquis de Chambon-la-Forêt

Au moment de l’attaque du maquis de Chambon-la-Forêt par les Allemands début août 1944, parmi les combattants se trouvaient un tirailleur qui selon la légende s’était évadé du camp de prisonniers d’Orléans. Ce tirailleur s’appelait Diara et selon le témoignage de Pierre Jérosme, un des résistants du maquis, il manifesta une ardeur au combat et il se blessa en manipulant son fusil mitrailleur. Durant la retraite du maquis de Chambon la Forêt, les résistants perdirent de vue Diarra. Les maquisards encore valides de Chambon-la-Forêt rejoignirent le maquis de Lorris et combattirent lors de la grande attaque des Allemands le 14 août 1944. Diara a combattu à Chambon-la-Forêt et il a marqué les esprits de nombreux résistants. Certains ont quand même rapporté de ce qu’il lui était advenu. Le musée de Lorris conserve un témoignage le concernant.

*Tirailleur sénégalais évadé de la prison d’Orléans. Présent lors de l’attaque du maquis de Chambon le 6 août. Tireur au FM
Diara semble être un tirailleur sénégalais interné en France après les combats de mai-juin 1940. Il aurait été détenu dans une prison à Orléans d’où il se serait évadé avant d’intégrer le maquis de Chambon-la-Forêt. Il sert en tant que sentinelle un fusil-mitrailleur lors de l’attaque du 1010e régiment de sécurité allemand lors de l’attaque du maquis le 6 août 1944. Il désobéit aux ordres et se porte en avant avec un ou deux camarades et tire au fusil-mitrailleur à la hanche en infligeant des pertes à l’ennemi. Tenant le canon de son arme hors des zones de protection, il se brûle profondément à une main. Il est ravitaillé en munitions par un de ses camarades qui lui lance des chargeurs par-dessus le chemin qu’il défend.
Il est blessé à la joue par le ricochet d’une balle contre le chargeur de son fusil-mitrailleur. Lui et un de ses compagnons nommé Renaud sont recueillis chez Noël Durand avant d’être évacué par M. Goget (Marceau ou Jean ?) en charrette à cheval chez Robert Cocage à Montliard près de Nibelle où ils resteront cachés et soignés jusqu’à la Libération. Michet Nérot en décembre 2018 situe ce médecin plutôt à Ouzouer.

L’identité exacte et le destin de Diarra après la libération restent un mystère. Il n’y a aucune information disponible actuellement le concernant

Le maquis de la Rère en Sologne

À Salbris, le 14 aout 1944 les maquisards de Sologne ont empêché le départ d’un train qui devait déplacer les 350 tirailleurs prisonniers au Fronstalag. Les soldats coloniaux étaient des tirailleurs sénégalais et malgaches. Les maquisards au nombre de 10 avaient été apparemment informés par les anglais de ce déplacement.

Cet épisode a été relaté par l’abbé Guillaume dans ses chroniques de la libération de la Sologne. Les Archives Départementales du Loir et-Cher conservent les JMO  (Journaux de Marche et d’Opérations) de la résistance qui détaillent cette opération. On en retrouve des copies au SHD de Vincennes. D’après les chroniques de l’abbé Guillaume qui sont assez détaillées, les tirailleurs libérés ont rejoint le maquis de la Rère commandé par le capitaine Brasseur. Un ancien officier colonial sorti de sa retraite, le capitaine Marcou dit Bamako, prit le commandement du détachement des tirailleurs. Ils participèrent à la libération de Romorantin-Lanthenay fin août début-septembre 1944 et défilèrent à la libération de la ville le 04/09/1944.

Il n’existe pas d’archives concernant ces évènements aux AD du Loir-et Cher.

L’historienne Nancy Lawler a effectué des enregistrements audios recueillant des témoignages de tirailleurs ayant été prisonniers à Salbris.

La libération d’Orléans et les soldats de l’hôpital Saint-Aignan

La photo prise par Robinard le 27 aout 1944 à Orléans place du Martroi montre la présence de deux tirailleurs. La légende originale de cette photo indiquait « les prisonniers français de l’hôpital Saint-Marc règlent un compte symbolique ».

Les prisonniers sont bien évidemment les tirailleurs qui étaient détenus à Orléans et à l’hôpital Saint-Marc, l’hôpital Saint-Aignan. Le journal La République du Centre en date du 11/11/1944 détaille les conditions de libération des tirailleurs hospitalisés à l’hôpital Saint-Aignan.

Les autres soldats coloniaux (environb700 prisonniers) qui étaient détenus au Fronstalag de la caserne Dunois ont été déplacés par chemin de fer en direction de Paris. Ils furent libérés par la résistance aux alentours d’Étampes.